USSMËLL
ET AUTRES POÈMES NOIRS
Jean-Michel Maubert
Éditeur :Éditions du Bunker
Livre
Langue d'origine :Français
Format :13,5 x 21,5 cm
Nombre de pages :108
Date de parution :26/05/2026
ISBN :978-2-487510-16-6
Prix :15,00 €
Argumentaire :
Ussmëll veille aux confins. Vieil enfant, chamane, il porte en lui sa soeur non-née. Là où il se tient, les frontières se déplacent : entre l’humain et le non-humain, le masculin et le féminin, le soi et l’autre. Entre la vie et la mort.
« Aime la Terre », disait Nietzsche. Ici, une voix sourde insiste, une voix venue du dessous, une voix chtonienne. Elle cherche la langue terreuse dont parle Artaud, celle qui garderait la trace des boues, des forêts, des fleuves. Nos corps animaux. Un langage animiste.
Le poème avance, il charrie des fragments du monde. Le fleuve sourd dépose, reprend, cherche un fond plus obscur encore, là où les figures deviennent impossibles à tenir. Des traces, les restes d’un chaos ancestral : tenter de saisir ce qui déborde, la poussée confuse des choses, leur épaisseur, leur mouvement.
La matière des poèmes percute celle des artistes. Elle se travaille, se creuse, se déforme. Elle cherche la vie dans l’os, à l’os, dans la surface, dans ce qui résiste. Dans les ossatures de Sabrina Gruss, le devenir fossile. Dans les mutations impensables d’Olivier de Sagazan, devenues défigurations/figurations qui explorent, implosent, explosent la métastabilité des formes, leur extase. Dans les noirceurs photographiques de Rimel Neffati, puissance féminine occupant la chambre –– méduse. Et dans les échos d’une soeur, toujours elle, dans le Chant du linceul, dernière partie du recueil.
Ussmëll et autres poèmes noirs est la quête d'une inhumanité vraie : celle qui trépane l'humain pour l’ouvrir à ce dont il provient. Figures du vent, vols spiralés des oiseaux, grain épais des ombres, textures des roches, mouvement furtif des cerfs, déflagrations orageuses : nos vies sont issues de ces visions inouïes dont David Abram montre à quel point elles ont sculpté notre pensée, avant même le langage, les maturations vocales.
Y revenir.
Le cri et le chant sont premiers.
Poursuivant une oeuvre entamée il y a quinze ans auprès de Maurice Nadeau, Jean-Michel Maubert offre ici un texte sorcier, une écriture qui brûle d’un feu païen dont la lumière filtre à travers une terre humide et sombre.
Biographie ou Bibliographie de l'auteur :
Né en 1968, Jean-Michel Maubert enseigne la philosophie dans le Finistère. Découvert par Maurice Nadeau, qui a publié son premier roman Idiome en 2012, il publie ses textes chez divers éditeurs. Des nouvelles et poèmes ont paru en revues (Triages, Souffles, Hopala, Empreintes, Mots à maux, Wam!, Lichen, Voix d'encre, La forge, La page blanche, L'Ampoule, OuPoLi).
Il est l'un des rédacteurs de la revue de poésie et de littérature La page blanche. Préoccupé par le sort des animaux non humains, il a milité pour des associations antispécistes pendant plusieurs années et est bénévole dans un refuge. Profondément hanté par l'expressionnisme, par la ville de Berlin et les figures de Georg Trakl et Gottfried Benn, ainsi que par les vies-oeuvres d'Antonin Artaud, de Franz Kafka et de Jean Giono, il ne cesse de croiser travail d'écriture et préoccupations philosophiques – méditant les pensées qui, à la suite de Maurice Merleau-Ponty, sont habitées par un questionnement radical sur notre enracinement sensible, telles celles de David Abram et Renaud Barbaras. Fasciné par le travail de plasticien.ne.s, comme la photographe Sophie Patry, le sculpteur Jephan de Villiers, ou le peintre Antonio, il explore à leurs côtés – à travers une poétique du fragment – ce que veut dire être un animal terrestre.
Par ailleurs, il a animé pendant un certain temps un atelier de philosophie pour adultes, au sein d'une Maison de Quartier de Quimper – guidé par la conviction que n'importe qui peut entrer dans les textes et la réflexion philosophiques et en nourrir sa pensée et son existence.

