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STABAT INFANS

Gérard Haller

Éditeur :L'Atelier contemporain


Livre

Langue d'origine :Français

Format :14,0 x 22,0 cm

Nombre de pages :120

Date de parution :20/03/2026

ISBN :978-2-85035-226-3

Prix :20,00 €

Argumentaire :

Stabat infans est né de ma rencontre avec le Garçon élu de Paul Klee, dessin « déchiré » de 1918 qui a produit sur moi l’effet d’un petit tremblement de terre tant il me touchait au plus intime et, indissociablement, faisait écho à cette béance d’origine qui semble se rouvrir partout désormais, sous nos yeux, et mettre la survie même du monde en péril.

L’image, coupée en deux, est recomposée sens dessus dessous : en haut, l’enfant debout jonglant avec des ronds de couleur au milieu d’un enchevêtrement de formes architecturales vides, incertaines, suspendues elles-mêmes entre esquisse et ruine ; en dessous, et comme gisant dans une même fosse, le ciel, un oiseau en piqué, quelques toits surmontés de drapeaux révolus. Entre les deux, l’espace béant de la « déchirure », qui ne représente rien, mais rend ainsi d’autant plus visible ce rien qui précède et hante aussi bien tout corps que toute image, tout langage.

À ce face à face avec une image est venu en cours d’écriture se superposer un autre, ou son double, terriblement réel : la mort de Jean-Luc Nancy, dont la voix et la pensée amie ne cessent depuis mon premier livre de m’accompagner.

Autoportrait et portrait de l’artiste en général – de « celui qui écrit le Vivant », comme le rappelle si justement Louis Marin dans Klee ou le retour à l’origine –, Stabat infans tente simplement de donner une voix à cet enfant aux yeux clos, ici, qui pleure. Qui est chacun de nous. Qui revient de la nuit primitive, devant nous, mimer le « grand jeu » de la vie et de la mort pour mieux nous faire voir comment se tenir au bord de l’abîme.
Car c’est bien de ce qui nous tient ensemble qu’il est question. De comment regarder la mort en face. De la possibilitié d’un monde sans dieu où vivre-mourir soit enfin tout le « sacré » : cela même qui expose et confie chacun à chaque autre comme le visage, infiniment nu infiniment inconnu, chaque fois unique, du commun.

« Ne pas être seul, cela est divin », écrit Nancy.
« Comment ne sommes-nous pas seuls lorsque nous ne sommes ni devant les dieux, ni au sein de la communauté ? c’est ce que nous avons à apprendre, par une communauté sans communion, et par un face à face sans visage divin. (…)
Cela ne nous révèle que nous, ni hommes ni dieux – et cela aussi est une joie. »

Biographie ou Bibliographie de l'auteur :

Gérard Haller est né en 1952 à Bitche, en Moselle. Études de philosophie à Strasbourg, où il fonde en 1980 la compagnie « Théâtre en hiver » et écrit d’abord pour le théâtre, notamment Lupe Velez (Strasbourg, Musica 1983), Gmund (Paris, 1986) et Figuren (Avignon, 1987, Strasbourg, 1989), textes mis en scène avec l’artiste Sylvie Blocher.
Son premier livre, Météoriques, paru chez Seghers en 2001, obtient le Prix Henri Mondor de l’Académie française.
Il a publié, chez Galilée, deux récits  – Commun des mortels (2004) et Deux dans la nuit (2010) – ainsi que plusieurs livres de poésie : all/ein (2003), Fini mère (2007), Le grand unique sentiment (2018), Menschen (2020). Chez d’autres éditeurs : L’ange nu (Solitude, Stuttgart, 2012), mbo (Harpo &, 2018).
À L’Atelier contemporain sont parus, en 2024, Nous qui nous apparaissons et, avec le photographe Alain Willaume, Face’s End.