Nouveautés des éditeurs et des revues / 2021

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PERDRE LES TRACES

Jacques Ancet



Éditeur :La rumeur libre


Livre

Langue d'origine :Français

Format :14,1 x 19,2 cm

Nombre de pages :168

Date de parution :20/10/2021

ISBN :978-2-35577-223-8

Prix :17,00 €

Biographie ou Bibliographie de l'auteur :

Jacques Ancet, poète, romancier, traducteur, né à Lyon en 1942. Vit à Annecy. Agrégé d'espagnol, il a enseigné plus de trente ans dans les classes préparatoires aux grandes écoles avant de se consacrer à son travail d'écrivain et de traducteur. Il est l’auteur d’une cinquantaine de livres : poèmes, romans, théâtre, essais. Son travail d'écrivain a été distingué par le Prix Charles Vildrac 2006 de la S.G.D.L., le Prix Heredia de l’Académie Française 2006, le Prix Apollinaire 2009, et la Plume d'or 2013de la S.A.S. Son travail de traducteur lui a valu le Prix Nelly Sachs 1992, Rhône-Alpes du Livre 1994, la Bourse de traduction du Prix Européen de Littérature Nathan Katz 2006, les Prix Alain Bosquet étranger 2015, le Prix Roger Caillois traduction 2016. Il est Doctor Honoris Causa de l'Université Catholique de Louvain.

extrait de Jacqueline Saint-Jean

«Jusqu’au vertige», ... Alors, redire ici que c’est d’abord la Voix qui me touche infiniment, on la reconnait d’emblée, intérieure et anonyme, un peu fiévreuse, tendue vers ce qui va surgir. Son afflux, sa poussée incessante, son effervescence désirante, vertigineuse. Elle traverse et porte tous ses livres, à travers les variations d’orfèvre de la forme, continue ou discontinue, serrée ou trouée, coulée de prose ou vers compté, versets ou récit. La voix est ici première, elle voit, elle va, elle soulève tout, fragments du dehors ou du dedans, dans son souffle de vie. Une voix écriture, qui suscite un monde, fait surgir un arbre, des visages, une gestation rêvée. Ecrire s’abandonne à son surgissement, sans savoir vers où vers quoi. Elle vient de loin, elle a traversé l’archéologie des murmures, une voix de source. On l’écoute naître au cœur de l’ordinaire, et nous voilà pris dans son mouvement irrésistible jusqu’au bord du monde, jusqu’au « bout du sens », là où l’on bascule dans l’inconnu. Elle nous dépouille de nos cocons, de nos codes, de nos écrans, des cacophonies ambiantes « car ça grouille bêtises truismes clichés ». Nous ouvre soudain à l’étrangeté du monde, et bientôt tout se voile, s’éloigne, se défait, nous échappe. Elle nous égare, on se perd comme en rêve dans la forêt du « non-savoir ». Elle y affronte les ténèbres, la violence, terreur et torture dans « le silence des chiens ». Quelque chose en elle me renvoie à l’enfance, à l’étonnement premier, compter, chuchoter, répéter, apprivoiser le noir, les Ogres, se perdre dans le bois, désirer voir par-dessus le mur, de l’autre côté, courir à perdre haleine jusqu’au bout du chemin, ne rien comprendre au monde des grands, rester assis dans un coin à regarder passer le ciel...