Joe Bousquet
Joe Bousquet (1897-1950) fait partie de ces écrivains peu lus, mais beaucoup mythifiés, notamment en raison de sa terrible existence : il devint en effet paraplégique à la suite d’une blessure de guerre, subie le 27 mai 1918. C’est peu après qu’il entreprit d’investir un domaine qui lui était étranger : la littérature, et la poésie en particulier, mais aussi les revues.
S’appuyant d’abord sur le philosophe Claude-Louis Estève et sur la figure tutélaire du grand poète classique François-Paul Alibert, entouré bientôt d’une cour de jeunes intellectuels méditerranéens (Jean Cassou, Ferdinand Alquié, René Nelli, Jean Mistler, Léo Matarasso, Paul Bénichou, André Cayatte), il présida à la création de nouvelles revues (Chantiers, Choc), puis aida les directeurs de revues plus anciennes (André Gaillard, Jean Ballard, Carlo Suarès) à bâtir leurs sommaires jusqu’à en devenir, pour Les Cahiers du Sud notamment, la « figure de proue ».
Les plus avisés de ses amis surent lui proposer des clés pour échapper à son impression mélancolique de n’être pas vraiment au monde, et accéder à un être qui lui fût propre : Estève voulut le persuader qu’il n’avait pas à s’affliger de « sa vie affranchie […] de l’expérience sociale ». Paulhan lui conseilla de « savoir sa blessure » et de prendre le parti de son mal. Gide lui insuffla une grande force, en lui assurant : « Vous commencez, vous allez commencer ». Joe Bousquet put en conclure, à la fin des années 1930 : « J’ai besoin d’être moi, jusqu’à l’oubli du sort qui m’est fait », et alla même jusqu’à affirmer : « Je vois enfin ma blessure comme le plus grand bienfait de ma vie ».
C’est ce parcours intellectuel et psychologique que Paul Giro, dans sa biographie en 3 tomes de l’auteur de Traduit du silence, met magistralement en relation avec l’œuvre poétique, critique, romanesque, autobiographique, épistolaire que Joe Bousquet livra.
Joe Bousquet au 43e Marché…
DIMANCHE 24 MAI 2026 / 18 H



