Dépôt M. – La Guillotine
Un nouveau lieu pour le livre de poésie
et pour la poésie

Le projet abouti

Dépôt M.

Un nouveau lieu pour le livre de poésie et le poème, à Montreuil
Coopérative d’éditeurs (et revues) sous forme de Scic (Société coopérative d’intérêt collectif)
Un lieu de vente, d’animation et de rencontres, d’information, de documentation, une bibliothèque
Un site internet marchand
Un comptoir de vente pour les éditeurs (et revues) sans distributeur
31 éditeurs se sont d’ores et déjà associés dans cette coopérative :
Æncrages & Co / Al Manar / Artgo & Cie / Atelier contemporain / Atelier du Grand Tétras / Centre de création pour l’enfance de Tinqueux / Chèvre-Feuille étoilée / Éditions de la Crypte / Delatour France / Dernier Télégramme / Desmos / Bruno Doucey / L’Échappée Belle / Henry / Éditions de l’Improbable / LAAC – Livre d’artiste et Art contemporain / Lanskine / Nous / Nouvelles éditions Place / Obsidiane / L’Oreille Du Loup / Éditions du Paquebot / La Passe du Vent – Espace Pandora / Petra / Plaine Page / Poètes de Brousse / Rumeur Libre / Le Taillis Pré / Tarabuste / Unes / Éditions des Vanneaux

Historique
En septembre 2012, avec le CnL, nous organisions une réunion autour d’un projet de plateforme internet pour les éditeurs de poésie. Ce projet aura conduit à plusieurs réunions, dont l’une au CnL en novembre 2012 réunissant une centaine d’éditeurs sur ce projet, aboutissant à un questionnaire, puis à d’autres réunions dont il émergeait de la part d’un grand nombre d’éditeurs de poésie la volonté de se fédérer sur ce projet de plateforme qui n’a, pour l’heure, pas vu le jour.
Mais, très régulièrement, les éditeurs que nous rencontrons nous ont renouvelé leur désir d’aboutir à la création d’une structure pérenne.
Depuis quelques années déjà, avec la Guillotine, nous organisons des manifestations en Périphérie du Marché de la Poésie.
La volonté de ce lieu et de son propriétaire, Philippe Burin des Roziers, nous a conduits à organiser des événements intitulés « matinées d’éditeurs » (comme au théâtre, en après-midi), par exemple avec les éditions Tarabuste, Le Dernier télégramme, Al Manar, Passage d’encres, Gruppen, Bruno Doucey…
Chaque fois ces événements ont fait l’objet :

  • d’une présentation de la maison d’édition ;
  • de la présence du fonds éditorial ;
  • de la présence d’auteurs et de lectures par ces derniers ;
  • d’une rencontre conviviale avec le public, agrémentée d’une vente d’ouvrages ;
  • d’une exposition temporaire, éventuellement.

L’élargissement du projet
Ces événements ont connu un beau succès. Ils nous ont ainsi permis d’élargir notre réflexion sur ce projet de plateforme poésie, qui s’appuie donc aujourd’hui sur un lieu physique, Dépôt M., avec :

  • la présence de livres de poésie du type librairie ;
  • la présence de livres d’éditeurs de poésie (& de création littéraire) du type comptoir de vente aux libraires d’Île-de-France (pour les éditeurs sans distributeur).

Ce sera également

  • un lieu d’expédition pour un site internet (marchand) du livre de poésie ;
  • un lieu d’animation du livre de poésie (du type « Maison du poème »), ouvert aux éditeurs de poésie (soirées de lancement pour nouveautés ou autour d’un auteur) ;
  • un lieu de lectures, de rencontres et d’animations ;
  • un lieu d’expositions ;
  • un lieu de consultation/documentation ;
  • un lieu pourvu d’un espace de restauration.

Dépôt M. est un nouveau lieu, convivial et chaleureux, pour animer la poésie et le livre, en Région Île-de-France, à une station de métro de Paris, ouvert aux professionnels (libraires pour le comptoir de vente ; éditeurs pour diffusion/distribution/ventes et présentations) et au public (rencontres, lectures, spectacles, animations, expositions).

De La Guillotine à Dépôt M.
histoire d’un lieu à Montreuil
Philippe Burin des Roziers, Montreuil, juin 2018

1997
Voici 20 ans que l’histoire a commencé, au 24 rue Robespierre, à Montreuil. Mais il avait fallu 10 ans déjà pour trouver un lieu destiné au départ à pérenniser une pratique théâtrale découverte auprès de Zygmunt Mollik. Cette friche, une ancienne fabrique de meubles au beau nom d’Ateliers de La Boétie, était avec ses 1200m2, beaucoup trop vaste quand 150m2 auraient suffi.
Très vite, par le bouche à oreille, La Guillotine, accueillant compagnies de théâtre et de danse, musiciens, performers et autres artistes, est devenue un lieu d’activité intense sollicité comme lieu de création et de programmation jusqu’à atteindre la vitesse de croisière d’une centaine de dates par an.

2005
Cette vitalité du lieu, assez vite, a abouti à une reconnaissance par les pouvoirs publics, et de ce fait à des subventions qui ont permis de pourvoir à un poste administratif, avec Philippe Braschi qui sera aussi codirecteur, programmateur et comptable, et à un poste de régisseur, avec Marc Grandjean, dont la polyvalence suppléait les carences de tous ordres.
La seule exigence du Conseil général du 93 fut le déplacement de la programmation, alors trop éloignée de la rue, vers la salle dite « des Pianos », dans le bâtiment des anciens Pianos Klein, acquis en 2003, et qui devint le centre de gravité du lieu.
Cette période à son tour eut ses heures de gloire : bals mythiques aux géniales scénographies du P.I.C., concerts de Fantazio, Périphéries du Marché de la Poésie, Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné, le cheval du chorégraphe Bruno Dizien, et encore pour la poésie : Denis Lavant, les Banquets d’Obsidiane ou Michel Bulteau et les Poètes électriques.

2010
Mais en 2010, le Conseil général du 93 signala que faute de mise aux normes, les subventions seraient suspendues : nous avons réuni tous les partenaires mais sans trouver de solution. Privés désormais de soutiens, il n’y eut plus ni administration, ni régie, ni programmation. Le lieu perdit alors en visibilité mais sans jamais cesser d’accueillir une intense activité.
Une solution inespérée semblait être les « Fabriques de Culture », dispositif nouveau de la région Ile de France, assez adapté, semblait-il aux caractéristiques de La Guillotine. Nous avons travaillé un an sur ce dossier, en contact régulier avec les partenaires de la Région Ile-de-France pour finalement apprendre qu’il n’y aurait pas de nouvelles « Fabriques » en 2015.
Cette nouvelle déconvenue mettait sérieusement en péril le projet. Comment, sans subventions, supporter la charge d’une fiscalité lourde et les besoins en fonctionnement minimaux ?

Il devenait évident que le projet ne pourrait exister durablement en s’appuyant exclusivement sur des aides publiques. Il fallait donc d’urgence, sauf à baisser les bras, comme aux jeux on trouve un joker, imaginer une solution. C’est ainsi qu’est née l’idée (soufflée par Andy Mac Clure, architecte) d’un restaurant/café (250m2) qui a ouvert ses portes au printemps 2018.

2018, année décisive

Salle des Pianos
Depuis longtemps s’était nouée une connivence avec le Marché de la Poésie dont nous avons accueilli de nombreuses « Périphéries ».
La première, d’anthologie, réunissait les Poètes sonores. Serge Pey, à genoux brisant des vitres, Bernard Heidsieck, Anne-James Chaton, Charles Pennequin lui succédaient. Et pendant tout ce temps, de l’autre côté de la vitrine, dans la rue, des tailleurs de pierre, enveloppés d’une fumée artificielle, déplaçaient avec des cordes et comme dans un rêve, un immense bloc.
On y a aussi célébré la dernière session, clôturant un cycle de 10 ans de lectures, du Grabinoulor de Pierre-Albert Birot, en présence d’Arlette Albert-Birot qui sur France Culture avait vanté La Guillotine comme étant le lieu le plus « grunge » de la région parisienne. Mais aussi l’OULIPO, Maurice Lemaître et les Lettristes, Jacques Rebotier…
C’est à l’occasion des Matinées d’éditeurs qui ont accueilli les éditions Al Manar, Passage d’Encres, Dernier Télégramme, Tarabuste, etc., qu’est née l’idée que cette Salle des Pianos pourrait accueillir un projet permanent initié avec le Marché de la Poésie.
En effet, il s’avérait souvent impossible ou trop compliqué de présenter les ouvrages de tel ou tel éditeur. L’idée s’est alors imposée de pouvoir trouver une solution pour conserver le fonds de ces éditeurs à La Guillotine, être un relais auprès des libraires, être en même temps leur librairie.
La Guillotine pourra aussi contribuer à accomplir, de façon permanente, tout au long de l’année, ce que le Marché de la Poésie réalise pendant cinq jours au mois de juin, place Saint Sulpice : accueillir les éditeurs de poésie.
C’est ainsi qu’est née la volonté de créer une coopérative d’éditeurs (Dépôt M.) que nous ouvrons, dans la Salle des Pianos sous la forme d’une librairie de poésie au service des éditeurs : un lieu permanent de lectures, rencontres, performances…
Ce lieu sera partagé, dans une salle de 250m2, avec le restaurant Les Pianos.

Espace pour le théâtre
Le projet théâtral pour lequel nous avions cherché un lieu pendant 10 ans, pour finalement arriver à Montreuil, se consolide.
Trois salles de travail ont été aménagées où Jorge Parente anime régulièrement des stages. Zygmunt Mollik, qui désigna Jorge comme son successeur, fut l’un des fondateurs du Théâtre Laboratoire de Jerzy Grotowski en Pologne. Il y était plus particulièrement chargé de la voix. Celle-ci est liée de façon organique au corps en mouvement. Cette pratique garde aujourd’hui toute son efficacité et nous maintenons un lien privilégié avec l’institut Grotowski de la ville de Wroclaw ou le Work Center de Pontedera.

Atelier de La Boétie
Ancien atelier de soudure, ce sera la salle de ce qui ne pourra plus se produire dans les autres lieux, désormais destinés à la librairie, au théâtre, au restaurant : salle pour des séminaires, des conférences, des réunions, des colloques..
Aussi, dans ce nouveau centre de gravité de La Guillotine : lectures, concerts, expositions, performances.

L’IBIPO, Immense Bibliothèque de Poésie
En marge de la librairie et du service aux éditeurs, un autre projet, plus secret. Il s’agit, pour enrichir une collection personnelle déjà notoire, de réunir, peu à peu, au gré des voyages, des livres de poésie dans toutes les langues, témoins d’un travail de traduction à faire de toutes les langues vers toutes les langues, qui aurait besoin, pour qu’on le réalisât, de nombreux siècles, voire de millénaires.