Nachoem M. Wijnberg

Né le 13 avril 1961 à Amsterdam, a fait des études de droit et d’économie. Il est professeur en Économie industrielle et Organisation à l’université de Groningue (depuis 2001), ainsi que professeur en Gestion d’entreprise culturelle et Management à l’université d’Amsterdam (depuis 2005). Depuis 2011, il enseigne également la poésie à l’Europäische Universität für Interdisziplinäre Studien en Suisse, où il se retrouve en compagnie de Giorgio Agamben, Peter Greenaway et Slavoj Žižek, entre autres. Outre ses recherches en économie reconnues mondialement, il a trouvé le temps d’écrire une œuvre littéraire riche en poésie et en prose. Son premier volume, De simulatie van de schepping (La simulation de la création), publié en 1989, a été suivi d’une quinzaine de recueils de poésie et de quatre romans, dont De Joden (Les Juifs, 1999) qui renvoie directement à ses origines. Sur la liaison entre ses activités en tant qu’économiste et en tant que poète, il dit : « Un poème doit dire quelque chose de vrai, de la même manière qu’un article scientifique avance des assertions vraies. Pareillement, ces assertions ne doivent pas être triviales, elles doivent en appeler aux sentiments du lecteur. Je m’attends à ce que les gens s’agitent sur des sujets comme l’emploi, les banques et la pauvreté, tout comme je le fais moi-même. » Conformément à cette intention, les phrases de Wijnberg sont le plus souvent d’une clarté exemplaire, mais le poème dans sa totalité ne l’est pas pour autant. Pour mieux comprendre cette poésie, le critique Hans Groenewegen se réfère à « l’anecdote légendaire », comme Martin Buber qualifie les récits des hassidim. Dans son premier recueil, on trouve un poème intitulé « Le conteur Rabbi Nachman », ce qui rappelle la compilation que Buber a fait des contes du rabbin. Dans ce poème Wijnberg écrit que ce rabbin « travaillait jusqu’à ce qu’un conte n’arrive plus à s’approcher davantage d’un secret ». Cela me semble assez proche des poèmes de Wijnberg, qui pour la plupart prennent une anecdote comme point de départ, racontée dans une langue plutôt dépouillée, le secret restant toutefois aussi mobile que du vif-argent (ou peut-être tout simplement absent). Ses poèmes ont été couronnés plusieurs fois, entre autre du Prix Herman Gorter – prix de poésie de la ville d’Amsterdam – pour Geschenken (Cadeaux, 1996) et du Prix VSB – doté de 25.000 euros, le prix le plus important pour un recueil de poésie aux Pays-Bas – pour Het leven van (La vie de, 2008).

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