Sophie Loizeau

Sophie Loizeau. Photo L. Citrinot

Sophie Loizeau est poète. Elle vit à Versailles.
Ses trois premiers livres, écrits entre 1998 et 2004 (Le Corps saisonnier, La Nue-bête, Environs du bouc), sont marqués par la présence de la nature. Une nature qui fraye avec le fantastique et le mythologique, avec le désir et la sexualité.
Les livres suivants (La Femme lit, Le Roman de diane, Caudal), écrits entre 2004 et 2013, forment une trilogie autour du mythe de Diane et tentent une féminisation systématique et radicale de  la langue.
Parallèlement à cette question de la visibilité du féminin dans la langue et de l’égalité homme / femme, Le Roman de diane et Caudal amorcent une réflexion sur le passage de l’écrit vers l’oral. Ma Maîtresse forme (2015-2016) mène la réflexion à son terme en expérimentant et en proposant une version bilingue langue écrite / langue dite de la poésie, sous laquelle on comprend qu’une autre lecture est possible : libre / dirigée.
Avec Les Loups (2017-2019),  il s’agit peut-être là d’un combat. Entre le don et la violence, entre le sensé et l’insensé, entre la compréhension et la bêtise, entre des forces que tout oppose (les loups et les anti-loups) et dont les radieuses se nomment Loups (terme générique désignant l’ensemble des êtres sauvages et persécutés, désignant ce qui échappe au contrôle et à la domination, à l’enrôlement). Un combat à l’issue duquel les anti-loups sont circonscrits, puis dissous.
Les Poésifictions I, II & III (2007-2019) que sont Le Roman de diane, La Chambre sous le saule et Leur Nom indien (paru en juillet 2020) peuvent être considérées du point de vue de la forme comme des transgenres littéraires, des autofictions en prose éclatée mais tenant ses éclats.
Féérie (2014 – 2020) est placé sous l’égide de Thot le dieu égyptien de l’écriture et de la magie, il est dédié tout entier aux amants ; protéiforme, érotic-fantastique, c’est une sorte de livre des Merveilles et des métamorphoses. Au milieu d’un cycle de poèmes, on tombe sur des photos prises par l’auteure.
Les Épines rouges (2019 – 2021) se réfèrent aux Epines rouges de Redon, son pastel de 1893. Par l’esprit et le visuel, elles s’y réfèrent, hantées de rêves et de visions. Des « récitatifs » (poèmes dont la ligne mélodique se rapproche du récit) créent des arythmies. Bestiaire et palette chromatique disent l’importance des animaux et des couleurs.  Album symboliste, s’il en est.
Ce qui œuvre dans tous les livres de Sophie Loizeau et qu’elle nomme « le don d’instase », est magique, chamanique. C’est quand tout concorde en un instant. Réceptivité à la nature, aux bêtes, aux sensations, au surnaturel, à l’esprit du monde ; joie d’habiter et recueillement sont les maîtres mots. Mais la contrepartie du don est sombre et cherche à tout gâcher. L’auteure écrit dans cette tension.
Ses textes figurent dans de nombreuses revues et anthologies. Parmi elles : Esprit, Sitaudis, Po&sie, Rehauts, Gare maritime, Animal
Passeur de mémoire, collection Poésie / Gallimard 2005
Eros émerveillé, Poésie-Gallimard 2012
Un nouveau monde, Flammarion 2017
Une terre et Des hommes, Carrés Classiques Lycée, Nathan 2018

Publications :

Le Corps saisonnier, Le dé bleu, 2001 (épuisé)
La Nue-bête, Comp’Act, 2004 ; L’Amandier, 2013, bourse Poncetton de la Société des gens de lettres 2004 ; prix Georges Perros 2006 (épuisé)
Environs du bouc, Comp’Act 2005, avec une quatrième de couverture de Bernard Noël ; L’Amandier, 2012 suivi d’un entretien avec Pascal Quignard, prix international de poésie Yvan Goll 2005 (épuisé)
AlbineComp’Act, 2005, une suite au dernier roman inachevé de George Sand (épuisé)
Bergamonstres, L’ACT MEM, 2008, édition réunissant La Nue-bête et Environs du bouc (épuisé)

Trilogie de Diane :
La Femme lit, Flammarion, 2009 ; réédition 2014
Le Roman de Diane, poésiefiction I, Rehauts, 2013
Caudal, Flammarion, 2013 ; prix François Coppée de l’Académie Française 2014
Lys, Fissile, 2014, avec des dessins de Bernard Noël
La Chambre sous le saule, poésiefiction II, avec une postface de Michel Deguy,  coll. To, Presses Universitaires de Rouen et du Havre (PURH) 2017
The Room under The Willow Tree, traduction en anglais (USA) de Lily Robert-Folley,coll. To, Presses Universitaires de Rouen et du Havre (PURH) 2017
Ma maîtresse forme, Champ Vallon, 2017
Les Loups, Corti 2019
Leur Nom indien, poésiefiction III, Rehauts, 2020
Féerie, Champ Vallon, 2020

À paraître :
Les Épines rouges, Le Castor Astral 2022

Sophie Loizeau au 38e bis Marché…

mardi 5 octobre / Kulturfabrik (Esch sur Alzette – Luxembourg)