Esther Jansma

Née le 24 décembre 1958 à Amsterdam, a fait des études d’archéologie européenne à l’université d’Amsterdam. Elle dirige le laboratoire de dendrochronologie à l’Office national d’Archéologie à Amersfoort. En 2007, elle a été nommée professeur extraordinaire en dendrochronologie et paléoécologie du quaternaire à l’université d’Utrecht. Cette perspective d’archéologue revient dans sa poésie, définissant le poète comme « le chiffonnier, le collectionneur de restes, de moments, de fissures dans les choses ». Elle a fait ses débuts en 1988 avec Stem onder mijn bed (Voix sous mon lit, 1988), un recueil dans lequel elle fouille dans son enfance, restituant un monde ébranlé par la disparition du père. La mort revient dans le recueil suivant, Bloem, steen (Fleur, pierre, 1990), mais ici, il s’agit d’un tombeau pour son enfant mort-né. Comme si cette double douleur ne suffit pas, elle perdra aussi son deuxième enfant. Comme elle ne veut pas avoir la réputation d’un « écrivain aux petits enfants morts », elle arrive à transcender l’aspect autobiographique dans le volume Hier is de tijd (Voici le temps, 1998), couronné du Prix VSB pour la poésie. Le thème de la mort se trouve aussi décliné dans ses autres recueils, notamment : Waaigat (Gouffre d’air, 1993), Dakruiters (Campaniles, 2000), Alles is nieuw (Tout est nouveau, 2005) et Eerst (D’abord, 2010). En accord avec l’auteur, nous avons choisi des « poèmes en prose » de son livre Picknick op de wenteltrap (Pique-nique sur l’escalier en colimaçon, 1997), que l’auteure nomme « une sorte de série de diapositives de courts textes autonomes ». Comme à ses débuts, on y retrouve une fillette et ses sœurs, confrontées à la mort du père. Seulement, ici, le traumatisme est placé dans le monde fantastique d’enfants qui se posent des questions qui les dépassent. Pour Jansma, Pique-nique sur l’escalier en colimaçon prouve qu’avec un langage clair, on peut proférer de grands paradoxes. « La longueur moyenne d’une phrase dans ce livre est quelque chose comme neuf mots. Mais le monde évoqué est complexe. Non pas que je cherche la clarté absolue quand j’écris. Je me sers d’un langage clair, mais en même temps les réalités que j’évoque sont le contraire de réalités bien délimitées ou univoques. » Elle a aussi traduit deux recueils du poète américain Mark Strand, en collaboration avec Wiljan van den Akker.