Martin Rueff

Martin Rueff a cinquante ans. Il est professeur de littérature française du 18e siècle et d’histoire des idées à l’université de Genève. Poète, critique, philosophe et traducteur, il a publié deux essais en 2018 : Foudroyante pitié, Aristote avec Rousseau, Céline avec Bassani et Ungaretti ; et A coups redoublés, anthropologie des passions et doctrine de l’expression chez Jean-Jacques Rousseau (Mimésis éditions). Comme traducteur, il est attelé à la retraduction d’Italo Calvino pour les éditions Gallimard. Il a ainsi fait paraître entre 2017 et 2018 la « trilogie des ancêtres » :  Le Baron perché, Le Vicomte pourfendu et Le Cavalier inexistant. Il traduit aussi Giorgio Agamben et Carlo Ginzburg.
Il est co-rédacteur en chef de la revue Po&sie (Michel Deguy, Humensis). Il a publié plusieurs livres de poésie. En juin 2019 il publie chez Nous, La Jonction.

Il fait sienne cette conviction de Williams Carlos Williams dans Paterson (traduction d’Yves di Manno) :
The province of the poem is the world.
Le monde est le lieu d’élection du poème.
When the sun rises, it rises in the poem
Quand le soleil se lève, il se lève dans le poème
and when it sets darkness comes down
et quand il se couche l’obscurité descend
and the poem is dark
et le poème s’assombrit.

Il fait siens aussi ses doutes :
So much talk of the language – when there are no ears
On parle tant du langage – alors qu’il n’y a personne pour entendre.
Et :
Beauty is feared / more than death, more than they fear deathLa beauté est plus redoutée/ que la mort, plus que la mort n’est redoutée.

Martin Rueff au 37e Marché…